Liste de prédictions de la fin du monde — Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_pr%C3%A9dictions_de_la_fin_du_monde

Prophetie a quoi ça sert ? En Occident ? Bon public ?

Lait fraise

Comment le lait a changé la civilisation

Il constitue la mutation la plus spectaculaire de l’histoire de l’homme.

 

http://www.slate.fr/story/64281/lait-mutation-histoire-homme-evolution-tolerance-lactose

 

Ressortons une métaphore bien commode et baptisons deux des premiers Homo sapiens Adam et Ève. Au moment où ils accueillirent leur premier-né (ce vaurien de Caïn) deux millions de siècles d’évolution avaient décidé de la manière dont se jouerait sa petite enfance.

Pendant les premières années de sa vie, Caïn se nourrirait du sein d’Ève. Vers 4 ou 5 ans, son corps allait ralentir sa production de lactase, l’enzyme qui permet aux mammifères de digérer le lactose. À partir de là, boire le lait de sa mère ou d’un animal donnerait au petit coquin des crampes d’estomac et une diarrhée potentiellement fatale; car en l’absence de lactase, le lactose pourrit, tout simplement, dans les boyaux. Une fois Caïn sevré, Abel pourrait obtenir davantage d’attention maternelle et accaparer tout son lait.

Ce processus permit de mettre un frein aux rivalités fraternelles—sans pour autant étouffer l’animosité entre ces deux-là—tout en permettant aux femmes de porter d’autres enfants. Le schéma était le même pour tous les mammifères: à la fin de la petite enfance, nous devenions intolérant au lactose, pour la vie.

Le mutant originel

Deux cent mille ans plus tard, vers 10 000 av. J.-C., les choses commencèrent à changer. Quelque part près de la Turquie actuelle, une mutation génétique fit son apparition et coinça le gène de production de lactase en position «on» de façon permanente.

Le mutant originel était probablement un sujet masculin qui transmit le gène à ses enfants. Les gens porteurs de cette mutation purent boire du lait toute leur vie. Les analyses génomiques montrent qu’en quelques milliers d’années, à une vitesse que les biologistes spécialistes de l’évolution estimaient impensable, cette mutation s’est répandue dans toute l’Eurasie, jusqu’à la Grande-Bretagne, la Scandinavie, la Méditerranée, l’Inde et tous les points intermédiaires, ne s’arrêtant qu’à l’Himalaya. Indépendamment, d’autres mutations de tolérance au lactose apparurent en Afrique et au Moyen-Orient, mais pas aux Amériques, en Australie ni en Extrême-Orient.

La mystérieuse apparition des buveurs de lait

En l’espace d’un clin d’œil évolutionniste, 80% des Européens devinrent des buveurs de lait; chez certaines populations, la proportion frôle les 100% (bien qu’à l’échelle mondiale l’intolérance au lactose soit la norme; environ les deux-tiers des humains adultes ne peuvent pas boire de lait).

La rapidité de cette transformation est l’un des plus épais mystères de l’histoire de l’évolution humaine, d’autant plus que l’on ne sait pas comment est née la nécessité de cette mutation au départ. En effet, grâce à leur intelligence, nos ancêtres intolérants au lactose avaient déjà trouvé un moyen de consommer des produits laitiers sans être malades, faisant fi de la génétique.

De la vache au yaourt

Mark Thomas, généticien spécialiste de l’évolution à l’University College London, souligne que dans la Turquie actuelle, où la mutation semble être apparue, la chaleur modifie rapidement la composition du lait frais. «Si vous trayez une vache le matin» explique-t-il, «à midi vous avez du yaourt

Le yaourt offre une foule de bénéfices, parmi lesquels de gros testicules, une démarche assurée et une fourrure luisante—si vous êtes une souris en tout cas—mais le plus fondamental pour nos ancêtres est que le processus de fermentation qui transforme le lait en yaourt consomme le lactose, qui est un sucre. Ce qui explique pourquoi beaucoup de gens intolérants au lactose peuvent manger du yaourt sans problème.

À mesure que le lait escalade ce que Thomas appelle «l’échelle de la fermentation,» qui commence avec le yaourt et culmine avec les fromages à pâte dure quasiment sans lactose, le processus de fermentation fait disparaître de plus en plus de lactose. «Si dans une fête vous entendez quelqu’un protester ‘Oh, je ne peux pas manger ça—je souffre d’intolérance au lactose’, vous pouvez lui dire de la fermer et de manger le parmesan

Etrangeté de l’évolution

L’étude de tessons de poterie d’Eurasie et de certaines parties d’Afrique a montré que les humains supprimaient déjà le lactose des produits laitiers par fermentation des milliers d’années avant que la tolérance au lactose ne se répande.

C’est là le cœur du mystère: si nous pouvions consommer des produits laitiers simplement en les laissant reposer quelques heures ou quelques jours, il ne semble pas logique que l’évolution ait poussé à la propagation de la mutation de la tolérance au lactose, et encore moins avec autant de vigueur que cela a été le cas. La culture avait déjà trouvé un moyen de contourner notre nature. Plusieurs idées sont à l’étude pour expliquer pourquoi la sélection naturelle a promu la consommation de lait, mais les biologistes spécialistes de l’évolution restent perplexes.


A Haïti, en 2010. REUTERS/Eduardo Munoz

«Je suis probablement la personne qui a le plus travaillé sur l’évolution de la tolérance au lactose au monde» affirme Thomas. «Je peux vous donner une flopée de suggestions savantes et raisonnables pour expliquer à quel point c’est un avantage, mais en réalité nous n’en savons rien. C’est un différentiel de sélection ridiculement élevé, démentiel, depuis plusieurs millénaires

«Différentiel de sélection élevé» est un doux euphémisme darwinien. Cela signifie que ceux qui ne pouvaient pas boire de lait avaient tendance à mourir avant de s’être reproduits. Au mieux, ils avaient moins d’enfants, et en moins bonne santé. Ce type de différentiel de sélection décisif pour la survie semble nécessaire pour expliquer la vitesse à laquelle la mutation s’est répandue en Eurasie et encore plus rapidement en Afrique. Ceux qui ne s’étaient pas adaptés ont dû emporter leurs génomes intolérants au lactose dans la tombe.

Le lait par lui-même a, d’une manière ou d’une autre, sauvé des vies. Ce qui est curieux, car le lait n’est qu’un aliment, juste une source de nutriments et de calories parmi tant d’autres. Ce n’est pas un médicament. Mais il fut un temps dans l’histoire humaine où notre régime et notre environnement conspirèrent à créer des conditions imitant celles d’une épidémie. Le lait, dans ces conditions, a très bien pu jouer le rôle de médicament salvateur.

L’agriculture, cette tragédie

Nous n’avons aucune trace écrite de la période où les humains ont inventé l’agriculture, mais si nous en avions, elles raconteraient une histoire tragique. L’agriculture, pour reprendre l’expression de Jared Diamond, fut la «plus grave erreur de l’histoire humaine». Le système d’alimentation antérieur—la cueillette et la chasse—garantissait quasiment une alimentation saine, puisque variée par définition. Mais il faisait de nous une espèce de créatures nomades et sans racines. L’agriculture offrait la stabilité.

Elle transforma également la nature en une machine à reproduire les êtres humains, mais qui eut un coût. Une fois que les hommes commencèrent à dépendre des quelques récoltes qu’ils savaient faire pousser de façon sûre, notre santé collective se mit à décliner. Les ossements des premiers fermiers du Néolithique montrent des signes clairs de pourrissement spectaculaire des dents, d’anémie, et une basse densité osseuse. La taille moyenne baissa d’environ 12 centimètres, et la mortalité infantile augmenta. Les maladies par carence comme le scorbut, le rachitisme, le béribéri et la pellagre devinrent des problèmes graves qui durent plonger nos ancêtres dans la plus grande perplexité.

Nous subissons encore le contrecoup de ce changement: les maladies cardiaques, le diabète, l’alcoolisme, l’intolérance au gluten et peut-être même l’acné sont des résultats directs du passage à l’agriculture.

Urbanisation et pestilence

Pendant ce temps, l’alter ego de l’agriculture, la civilisation, obligeait pour la première fois les gens à vivre dans des villes, environnement idéal pour la propagation rapide des maladies infectieuses. Aucun humain traversant ces souffrances n’aurait pu penser que les choses aient un jour été, ou auraient pu être, différentes. La pestilence fut notre lot pendant des millénaires.

C’est dans ces abominables conditions que la mutation de tolérance au lactose s’installa. Les schémas de migration qui ont été reconstitués font apparaître clairement que la vague de tolérance au lactose qui a déferlé sur l’Eurasie fut transmise par des générations ultérieures de fermiers, en meilleure santé que leurs voisins qui ne buvaient pas de lait. Partout où passèrent l’agriculture et la civilisation suivit la tolérance au lactose. L’agriculture et la production laitière devinrent les mamelles de la civilisation occidentale.

Difficile pourtant de savoir avec certitude pourquoi le lait a été si bénéfique. Il est possible qu’il ait fourni des nutriments absents de la première vague de récoltes. Une des premières hypothèses, probablement fausse, a cherché à lier la tolérance au lactose et les carences en vitamine D et en calcium. Pardis Sabeti, généticienne du MIT spécialiste de l’intolérance au lactose, pense que le lait augmentait les réserves de graisse des femmes et par conséquent leur fertilité, contribuant directement à la survie du plus fort chère à Darwin, bien qu’elle—et d’autres—concèdent que la plus grande valeur du lait pour la subsistance des Homo sapiens a pu être qu’il fournissait une source d’eau douce potable: un ruisseau ou une mare peuvent sembler propre et abriter pourtant de dangereux agents pathogènes. Alors que le lait fraîchement sorti d’une chèvre en bonne santé a de bonnes chances d’être sain lui aussi.

Chacune de ces hypothèses est crédible, mais même leurs auteurs ne sont pas totalement convaincus. «L’argument de l’eau potable fonctionne en Afrique, mais pas tant en Europe» explique Thomas. Il privilégie l’idée que le lait complétait les réserves de nourriture. «Si vos récoltes étaient mauvaises et que vous n’aviez pas de lait à boire, c’était la mort» pose-t-il. «Mais aucune des explications présentées n’est suffisante

Nous, les mampires

Si le fil de l’intrigue n’est pas très clair, quelques éléments nous sont connus: l’émergence de la civilisation a coïncidé avec un étrange virage pris par notre évolution. Nous sommes devenus, comme le définit le néologisme d’un paléoanthropologue, des «mampires»[1] qui se nourrissent des fluides d’autres animaux. La civilisation occidentale, jumelée à l’agriculture, semble avoir eu besoin du lait pour commencer à fonctionner. Personne ne sait pourquoi.


En 2009 dans un zoo en Allemagne. REUTERS/ Ina Fassbender

Nous en savons bien moins que nous le croyons sur les raisons qui nous poussent à manger ce que nous mangeons. Et cette énigme ne concerne pas que les chercheurs. Si nous en savions davantage, nous apprendrions peut-être certaines choses sur notre relation parfois si étrange à la nourriture.

Pour l’instant, la version mythique de l’histoire n’est pas si mauvaise. Dans le Jardin d’Éden, Adam et Ève étaient des cueilleurs, qui ramassaient les fruits à mesure qu’ils tombaient de l’arbre. Caïn le fermier et Abel le pasteur représentaient deux voies de l’avenir: l’agriculture et la civilisation, contre l’élevage et le nomadisme. Caïn a offert à Dieu ses fruits et ses légumes cultivés, Abel un sacrifice animal qui, selon Flavius Josèphe, était du lait. L’agriculture, dans sa forme première, apporta la maladie, la difformité et la mort, Dieu la rejeta donc pour le lait des troupeaux d’Abel. Caïn entra dans une colère noire, et, en bon citadin amoral, zigouilla son frère. Dieu condamna Caïn à l’exil, lui ordonnant d’arpenter la terre comme l’avait fait son frère, le pasteur, qu’il avait occis. Caïn et l’agriculture finirent par l’emporter—les humains s’installèrent dans des villes nourries par des fermes—mais seulement en devenant un petit peu comme Abel. Et la civilisation continua d’aller de l’avant.

Benjamin Phelan

Traduit par Bérengère Viennot

[1] Le mampire est comme un vampire, mais son truc, ce n’est pas le sang c’est le lait (milk en anglais). Il se définit comme «un mutant se nourrissant du lait des autres espèces». Le mot a été inventé par le fils de onze ans d’un chercheur, auteur – le chercheur pas le fils – de The 10.000 years explosion sur l’évolution humaine. Retourner à l’article.

La Bonne Pomme

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Sagesse comment effeuillé la clémentine, c’est l’art de savoir toucher avec discernement.

Puis vient le choix de la ¨Pomme » ou de la « Poire », sur le moment de la Jeunesse difficile d’accepter le conseil.

 

 

 

 

cele

 

 

Abraham, Loth et les bons choix

 

premier action j’en appelé à l’aide.

 

zzzzz

 

Néanmoins Espoir, tu trouveras le mystére pré de Candide !

 

Lou le LOUP

loup

Sur le Chemin tu croiseras le Loup !

Image de ta société, Horibble déchire La chaire.

Et  pourtant si Bien, civiliser Maternelle.

 

Noir, Gris & Blanc l’alchimie Réelle tu seras prés quand.

A recevoir la Bise, l’Haiku qui fait Mal.

 

Affamé Noir, tu penses à bien.

Nuit, dense chaleur, vibration… tu pense à Mal

Gris tu saisis le vent, Tout voile OUverte tu y vas Charger.

 

Blanc Harmonie, je T’aime mon FIls !

 

pas Prophéte dans son Pays

 

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Alors que leurs parents donnaient une fête en l’honneur d’Apollon Thymbréen, Cassandre et Hélénos s’endormirent dans le temple où ils ne furent retrouvés que le lendemain entourés de deux serpents qui leur léchaient les oreilles et la bouche. Cet épisode expliquerait le don de divination qui toucha les deux enfants lorsqu’ils grandirent. Le don est sensible différent pour chacun. Si Hélénos était capable d’interpréter des signes pour lire l’avenir, Cassandre était habitée par le dieu qui rendait l’oracle par sa bouche.

Elle fut aussi aimée d’Apollon et elle se promit à lui en échange de l’apprentissage de l’art de la divination. Mais une fois instruite, elle n’accorda Apollon qu’un simple baiser en se moquant de sa naïveté. Le dieu lui cracha dans la bouche et l’empêcha ainsi d’être crue.

Pourtant ses visions furent remarquablement précises et exactes.

 

Couple

Un aigle (d’où le nom de l’enfant, Ajax rappelant celui de l’oiseau).

Sa faute la plus grave est le sacrilège qu’il commit contre Athéna, et qui attira sur lui la colère de la déesse. Pendant la prise de Troie, Cassandre s’était réfugiée près de l’autel de la déesse. Ajax voulut l’arracher de force de la statue qu’elle embrassait et il entraîna la jeune fille et la statue.

Pour ce manquement aux lois religieuses, les Achéens voulurent le lapider, mais à son tour Ajax chercha asile près de l’autel d’Athéna et il échappa ainsi à la mort. Mais, pendant le retour, Athéna envoya une tempête, qui détruisit, près de l’île de Mycono, dans les Cyclades, un grand nombre de bateaux achéens, parmi lesquels celui qui portait Ajax.

 

Gardes toi d’informer ceux avec qui tu as grandi des messages du Très Hauts. L’architecte a fermé leurs oreilles. Donnes seulement aux sages, la vision d’avenir Sereine.

Simple Mortel, prends la route à la suite de Jésus,  pour accomplir ton Destin& rencontrer ceux et celle qui t’attendent !

 

 

 

Rites de passage

Sur le méridional

 

tuaile

Le Saut est il un passage ?

Taureau, Vache  & Cochon ?

 

A ton avis est ce comme l’effet Boeuf ?

Cela me semble singulier de la Provence et d’ailleurs, bien qu’il s’en défende… de ressembler à un Veau. Il ne faut pas oublier le Dédale et ce qu’il contient en son Centre, ce n’est pas Toi, c’est ton Image des Astres.

 

Y Etre confronté est une nécessité, que seul La piti à Delphe pourra t’expliquer.

 

 

 

 

 

 

théorie du Collapse

Comment ne pas parler de ce sujet à la mode, sur un blog multiculturel ? Sans doute parce qu’il y a de la mode…

Les cinq stades de l’effondrement, par Dmitry Orlov

Les cinq stades de l’effondrement, par Dmitry Orlov

1) L’effondrement financier, les banques ne répondent plus, l’accès au capital est perdu et les placements financiers réduits à néant.

2) L’effondrement commercial, les magasins sont vides, les monnaies dévaluées

3) L’effondrement politique, le gouvernement a perdu sa légitimité et n’est plus un recours

4) L’effondrement social : les institutions sociales ne remplissent plus leur fonction de protection

5) L’effondrement culturel : les gens perdent leur capacité de bienveillance, d’honnêteté, de charité.

1/ De mémoire scolaire on ne parle que de la crise de 1929. On pense au crack de CHYPRE aussi.

2/ de mémoire scolaire on ne parle que de l’effondrement de l’URSS. De mémoire d’écouteur citoyen, le Zibabwe de MUGABE ?

3/ de mémoire d’écouteur citoyen,  La Somalie, Darfour ?

4/ de mémoire scolaire, certains moments de la révolution française ? de même que l’époque de Mao en Chine (voir si pas 5). l’Effondrement de l’Empire Romain d’occident ?

5/ En cherchant sur la dernière grande épidémie de Peste  à Marseille, il se trouve que les témoignages concordent  ! (Même la famille n’a plus d’existence quand la Peste est à son comble.)

La Peste de CAMUS…

Khmer Rouge ?

Toutes les Colonisations ?

L’expérience de Stanford (l’effet Lucifer)

Ven Aoû 26, 2011 9:49 am    Sujet du message: L’expérience de Stanford (l’effet Lucifer) Répondre en citant

Citation:
Prisonniers pour la science

Slate.fr

Il y a exactement quarante ans avait lieu une expérimentation psychologique aussi fascinante que controversée à la prestigieuse université californienne de Stanford, à Palo Alto. Conduite par le professeur Philip Zimbardo, elle est connue aujourd’hui sous le nom d’expérience de Stanford. L’objectif consistait à comprendre comment et pourquoi les situations arrivaient à se dégrader dans les prisons militaires. L’idée a donc germé de créer une prison dans les locaux de l’université. Une petite annonce a donc été publiée, qui invitait des étudiants masculins, contre une rémunération de 15 dollars par jour (environ 80 $ d’aujourd’hui), à participer à cette expérience qui devait durer une à deux semaines, pendant les grandes vacances de cette année 1971. Plus de 70 volontaires ont répondu à l’appel et 24 d’entre eux ont été sélectionnés sur des critères d’équilibre mental et de forme physique. En tirant à pile ou face, 9 ont été affectés au groupe des “prisonniers”, 9 à celui des “gardiens”, les 6 derniers servant de remplaçants.

Trois cellules contenant chacune trois détenus avaient été aménagées dans le sous-sol du bâtiment de psychologie, où les gardiens, divisés en équipes de trois, devaient se relayer toutes les huit heures. Pour ces derniers, les chercheurs avaient déniché des uniformes kaki dans un surplus de l’armée, ainsi que des lunettes de soleil à verres réfléchissants, destinées à éviter le contact visuel avec les étudiants-prisonniers. Pour ceux-ci, tout était fait afin qu’ils se sentent déshumanisés, démunis, humiliés, dépossédés d’eux-mêmes : tout d’abord, ils avaient été arrêtés chez eux par la véritable police de Palo Alto, qui avait accepté de participer à l’expérience. Chaque étudiant avait donc subi l’arrestation, la prise des empreintes digitales et des fameuses photos de face et de profil, avant d’être conduit “en prison”. Là il s’était retrouvé avec un bas nylon sur la tête, pour modifier son apparence (comme si on lui avait rasé le crâne, voir la photo ci-dessus), privé de tout vêtement à l’exception d’une longue chemise de nuit sur laquelle était cousu son numéro de matricule, des tongs inconfortables en guise de chaussures, un matelas à même le sol et, pour faire bonne mesure, une chaîne cadenassée à ses pieds non pour l’entraver mais juste pour lui rappeler à tout moment l’oppression que lui faisait subir le monde extérieur. Même si les pseudo-”matons” étaient équipés de matraques, ils n’étaient pas censés en faire usage. Les chercheurs commirent néanmoins l’erreur de s’impliquer eux-mêmes dans l’expérience en jouant le rôle des administrateurs de la prison. Ils n’avaient pas encore saisi à quel point tous les participants allaient finir par investir leurs rôles respectifs…

Pourtant, il ne se passa rien de spécial la première journée. De fait, Philip Zimbardo, interviewé à l’occasion d’un article qui vient de paraître dans la revue des anciens élèves de Stanford, explique que les “gardes”, comme beaucoup d’étudiants de l’époque, étaient imprégnés de la “mentalité antiautorité. Ils se sentaient gauches dans leurs uniformes. Ils ne sont pas entrés dans leur rôle de gardiens jusqu’à ce que les prisonniers se révoltent.” On est au matin du deuxième jour et tout va basculer. Au moment de la relève, les prisonniers retirent le bas qu’ils avaient sur la tête, arrachent leur numéro et se barricadent dans leurs cellules en mettant leurs matelas contre la porte. Les trois gardiens du matin appellent en renfort les trois gardiens de l’après-midi, qui viennent, tandis que les trois gardiens de nuit restent. A l’aide des extincteurs de sécurité dont ils se servent pour asperger les détenus de neige carbonique, les neuf hommes entrent dans les cellules, en extraient les matelas, obligent les prisonniers à se dévêtir, mettent le “chef” des rebelles à l’isolement. Bref, ils reprennent la situation en main. Bien conscients qu’ils ne peuvent rester de garde 24 heures sur 24 pour maintenir l’égalité numérique, ils se réunissent et décident d’utiliser leur pouvoir pour contraindre les prisonniers à l’obéissance.

Tullius Détritus, le méchant de l’album d’Astérix La Zizanie paru juste un an avant l’expérience de Stanford, n’aurait pas renié la stratégie adoptée par les gardes. Ceux-ci vont diviser les prisonniers en deux camps, les “bons”, choyés, bien nourris, et les “mauvais”, brimés, afin de créer des clans et de briser leur solidarité. Puis, ils vont mélanger de nouveau les détenus afin que les “privilégiés” passent pour des informateurs. Mais cela ne va pas s’arrêter là. Appels à toute heure du jour et de la nuit, privation de sommeil, interdiction d’utiliser les toilettes, remplacées par des seaux malodorants, corvées de chiottes à mains nues, séries de pompes à effectuer… Tout va très vite. Au bout de seulement 36 heures d’expérience, un des prisonniers craque moralement mais il n’est pas autorisé à partir tout de suite (il le sera un peu plus tard) et, renvoyé en cellule, va convaincre ses co-détenus qu’il s’agit d’une véritable prison. Les “parloirs” organisés avec les parents et amis donnent aussi des résultats surprenants car les visiteurs, étonnés de la rapide dégradation physique et morale des jeunes hommes, ne s’en offusquent pas plus que ça et, au lieu d’exiger la fin immédiate de l’expérience, jouent le rôle du “parent-qui-va-voir-son-fils-en-prison”… A maints égards, tout cela rappelle la très célèbre expérience de Milgram, réalisée exactement dix ans auparavant, qui a mis en lumière l’incroyable soumission à l’autorité que l’on peut obtenir d’individus lambda.

Les chercheurs organisent ensuite, pour tous les prisonniers, une audition pour une libération conditionnelle, présidée de manière impitoyable par le consultant de l’expérience, qui n’est autre… qu’un ancien véritable détenu. Quand on leur demande s’ils sont prêts à quitter la prison en renonçant à leur “salaire” de cobayes, la plupart disent oui, inconscients qu’il leur suffirait de demander à mettre fin à l’expérience pour que celle-ci s’arrête ! Toutes les libérations conditionnelles sont refusées et chacun retourne dans sa cellule sans rechigner, complètement soumis, désormais incapable de s’apercevoir qu’il a perdu pied avec la réalité.

L’expérience de Stanford a montré d’une manière spectaculaire et brutale que l’on pouvait en quelques jours transformer de jeunes hommes équilibrés et en bonne santé en loques ou en gardiens zélés, ouvertement sadiques pour certains. Cette expérimentation s’arrêta le 20 août 1971, au bout de seulement six jours sur les deux semaines prévues à l’origine. Sur son site, Philip Zimbardo explique qu’il y a eu deux causes à cette fin prématurée. Tout d’abord, les chercheurs se sont aperçus que les gardiens avaient tendance à être cruels la nuit, ne se croyant pas observés (alors qu’ils étaient secrètement filmés et enregistrés). Mais c’est sans doute grâce à Christina Maslach, la future Madame Zimbardo, que le calvaire des prisonniers et la dérive de leurs geôliers se sont achevés. Christina Maslach venait de soutenir sa thèse de doctorat et s’en fut visiter l’”expérience” un soir. Elle vit les détenus enchaînés, un sac en papier sur la tête, se faire hurler dessus par les gardes. Les larmes lui vinrent aux yeux, elle ne put supporter le spectacle et sortit du bâtiment, poursuivie par son petit ami. Philip Zimbardo raconte ainsi la scène : “Elle dit : ” C’est terrible ce que vous faites à ces garçons. Comment ne pas voir ce que j’ai vu et ne pas s’occuper de cette souffrance ?” Mais je n’avais pas vu ce qu’elle avait vu. Et j’ai soudain commencé à avoir honte. C’est alors que j’ai réalisé que l’étude m’avait transformé en administrateur de la prison. Je lui ai dit : “Tu as raison. Nous devons arrêter l’étude.”“

Deux mois après l’expérience, un des “détenus”, Clay, numéro de matricule 416, fit ce témoignage sur ce qu’il avait ressenti au cours de ces quelques jours : “J’ai commencé à sentir que je perdais mon identité, que la personne que j’appelais Clay, la personne qui m’avait mis à cet endroit, la personne qui s’était portée volontaire pour aller dans cette prison – parce que c’était une prison pour moi et c’en est toujours une, je ne considère pas cela comme une expérience ou une simulation parce que c’était une prison dirigée par des psychologues au lieu d’être dirigée par l’Etat –, j’ai commencé à sentir que cette identité, la personne que j’étais et qui avait décidé d’aller en prison s’éloignait de moi, était lointaine jusqu’à ce que, finalement, je ne sois plus elle, je sois 416. J’étais réellement mon numéro.”

Lorsque le scandale des tortures pratiquées par des militaires américains dans la prison irakienne d’Abou Ghraïb a éclaté en 2004, tous ceux qui avaient participé à l’expérience de Stanford se sont rappelé ce qu’ils avaient vécu, un été de 1971, sur le campus de l’université. L’étude avait à l’époque reçu l’aval du Comité sur la recherche sur des sujets humains.


Lien vers le site de de Philipp Zimbardo : http://www.prisonexp.org/